L'or s'effondre : 26 % de perte en trois semaines, un krach qui fait mal

4 130 dollars. C'est le plancher que l'or a effleuré ce matin, soit 1 500 dollars de moins que le sommet historique du 29 janvier. En vingt jours, le métal précieux a perdu plus d'un quart de sa valeur en dollars, plus d'un tiers en euros. Une chute libre sans précédent depuis la guerre iranienne.

Le réveil brutal des investisseurs européens

Paris, 11 h 42. Sur l'écran Bloomberg du bureau de trading d'une banque française, la courbe de l'or ressemble à une falaise. « On n'a jamais vu ça », souffle un gérant en claquant la souris. Il gère 300 millions d'euros d'actifs. Depuis le record à 5 626 $, sa poche en or a fondu de 31 %. La faute ? Au billet vert qui s'envole et à l'euro qui plonge sous 1,15 $.

Le scénario est simple : quand Washington bombarde Téhéran le 28 février, les marchés paniquent, le dollar devient le seul refuge. Résultat : un investisseur munichois qui avait acheté 100 000 € d'or en janvier ne récupère plus que 69 000 € aujourd'hui. Il a perdu plus qu'en mars 2020, plus qu'en octobre 2008. Et il n'est pas seul.

Comment la guerre a tué le « safe haven »

Comment la guerre a tué le « safe haven »

Loi de Murphy financière : dès que l'or devrait briller, il s'éteint. Les missiles sur les raffineries iraniennes ont déclenché une ruée vers le cash, pas vers le brillant. Les hedge funds ont liquidé 18 milliards de positions en trois séances. Les ETF physiques ont vu 140 tonnes partir en 72 heures. Le métal jaune, censé protéger, est devenu la plus grosse source de perte du portefeuille.

Derrière le rideau, les banques centrales ralentissent leurs achats. La Fed laisse entendre un nouveau taux à 6 %. L'or, qui ne rapporte rien, devient un passif. Ajoutez la claque du dollar et vous obtenez la correction la plus violente depuis la dépression de 1980.

Et maintenant ? Les chartistes scrutent 3 800 $, seuil où s'était tenu l'or avant la folie de 2025. Une zone qui, si elle lâche, ouvrira la porte à 3 200 $. Les vendeurs à découvert salivent. Les « gold bugs » prient. Le reste du monde se demande si le pire est déjà passé. La réponse viendra probablement de la prochaine salve de sanctions, ou de la prochaine réunion de la Fed. D'ici là, le métal des dieux ressemble surtout à un souvenir de 1 500 dollars disparus en un claquement de doigts.