L'espagne retire ses forces spéciales d’irak sous la menace iranienne
L’Espagne vient de sortir ses hommes du jeu. Le ministère de la Défense a ordonné le retrait immédiat du SOTG, le groupe d’opérations spéciales espagnol déployé en Irak depuis des mois. La raison : la situation sécuritaire s’est dégradée si vite que leurs missions de contre-terrorisme n’étaient plus tenables. Ils sont déjà « en lieu sûr », assure Madrid, sans préciser le pays d’accueil.

Frappes de drones, avions abattus, ambassades visées
Le signal d’alarme a été donné par un soldat français tué dans le Kurdistan iraquien, victime d’un essaim de drones. Quinze jours plus tôt, un avion-citerne américain s’écrasait non loin de là, tuant six militaires. Téhéran a ensuite frappé la base d’Erbil, où stationne le contingent italien depuis 2014, et l’aéroport de la même ville. Ce samedi à l’aube, c’est l’ambassade des États-Unis à Bagdad qui a été visée. Washington appelle ses ressortissants à quitter l’Irak « dans les plus brefs délais ».
Le SOTG espagnol, engagé dans la coalition Inherent Resolve contre Daech, formait les unités d’élite irakiennes du CTS. Entre janvier et février, ses instructeurs ont multiplié les cycles de tir de précision, de navigation nocturne, de sauvetage médical sous le feu et de pilotage de motos légères en zone hostile. Le programme K9, dédié aux chiens d’assaut, tournait à plein régime. Tout cela s’est arrêté net.
L’Espagne maintient toutefois son engagement dans la mission de l’OTAN (NMI), où elle fournit le plus gros contingent. Mais la priorité est désormais la protection de ses soldats. La coalition anti-Daech perd une pièce maîtresse sur le terrain. Les cellules dormantes de l’EI, elles, n’ont pas bougé. Elles attendent.
