Les prophètes du désastre tech se paient une conscience en promettant l'impossible
Sam Altman compare un enfant à un modèle d'IA : vingt ans de croissance humaine, c'est juste de l'énergie dépensée. Marc Andreessen se vante de n'avoir « aucune vie intérieure ». Elon Musk promet un revenu universel grâce à des robots qui n'existent pas. La tech a troqué l'innovation contre le spectacle, et personne ne demande la facture.
Le capital-risque adore les gourous qui délirent en public
Depuis la mort de Steve Jobs, la scène technologique ressemble à une église évangéliste : des milliardaires en sweat-shirt récitent des paraboles disruptives devant des investisseurs avides de miracles. Le dernier exemple ? OpenAI lève 100 milliards de dollars en jurant qu'une intelligence plus forte que l'humain va résoudre la mort, la pauvreté et le réchauffement. La preuve ? Aucune. Le tour de table ? Signé.
La formule est rodée : on invente un ennemi abstrait — le sommeil, la mort, Greta Thunberg —, on promet un paradis post-travail, on lance un appel à dons boursiers. Netflix a déjà déclaré la guerre au dodo. Kalshi veut « tout » coté en bourse, même votre avis sur le match de ce soir. Et quand un journaliste ose souffler « comment ? », on répond « conscience collective » ou « compréhension de l'univers ». Silence général. Applaudissements.

Le mensonge paie, la réalité triche
Les chronologies s'effondrent. Musk promettait Mars pour 2024 ; il vise désormais la Lune quand sa fortune dépasse 700 milliards. Altman jure que le travail deviendra « un loisir » pendant qu'il finance des data-centers qui dévorent des États entiers. Andreessen traite l'introspection de « masturbation mentale » et empoche 3,2 milliards de plus. Chaque délire médiatique fait gonfler le cours. Chaque contradiction est oubliée le lendemain.
Le plus effarant : le marché n'exige même plus une démo. Le prototype est remplacé par un thread X, la roadmap par un haïku. Les banques d'investissement rédigent des notes sur des PowerPoint. Les régulateurs regardent ailleurs, hypnotisés par la capitalisation boursière. Alphabet vient de franchir les 4 000 milliards en promettant une IA « universelle ». Le revenu universel promis ? Toujours en beta.

Le cauchemar commence quand la bulle creve
Derrière la mise en scène, les couts réels explosent. L'entraînement d'un grand modèle consomme l'équivalent d'une ville de 100 000 habitants. Les GPU s'arrachent à prix d'or, les ingénieurs brûlent en trois ans, les données personnelles siphonnées ne suffisent plus. Le carbone dégagé torche les promesses vertes. Mais le show doit continuer : on recrute des influenceurs, on finance des think tanks, on achète des pubs dans les jeux vidéo. Le but n'est plus de vendre un produit, c'est de vendre une fin du monde alternative.
Alors on divise le monde en deux camps : ceux qui « comprennent l'échelle » et les « omphalosceptiques ». Andreessen l'a dit : « Faites-moi le ratio, ombliguistes. » Traduction : taisez-vous et laissez les algorithmes financés par la Silicon Valley décider de la suite. Pendant ce temps, les écoles manquent d'enseignants, les hôpitaux ferment, les glaciers fondent. Mais peu importe : on streamera le débarquement martien en 8K.
La leçon ? Quand un PDG tech vous promet l'éternité, vérifiez votre portefeuille. Il est déjà en train de fondre.
