Le pétrole flambe à 106 $, ormuz sous le canon : l’asie va devoir puiser dans ses stocks d’urgence
106,12 $ le baril de Brent à 09 h 15 ce lundi. La dernière fois qu’on a vu ce chiffre, c’était juillet 2022. En trois semaines, le détroit d’Ormuz est passé de route commerciale à champ de tir. Les traders viennent de se souvenir que 20 % du pétrole mondial transite par un goulot large de 21 milles. Le prix s’en ressent aussitôt.
Washington allume l’allumette, téhéran sent le soufre
Samedi soir, deux F-15 ont largué des JDAM sur l’île de Kharg, le terminal qui expédie 90 % du brut iranien. En réponse, Donald Trump signale que toute tentative de bloquer Ormuz fera de Kharg une cible permanente. Motif : depuis dix jours, les IRGC harcèlent les tankers, forçant les assureurs à suspendre les couvertures. Résultat : 27 VLCC évitent encore le détroit, soit l’équivalent de 1,7 million de barils jour qui ne quittent plus le Golfe.
Le West Texas a franchi les 100 $ dans la foulée, poussé aussi par la perspective d’une coalition de escorte américaine annoncée ce matin. Le Pentagone parle d’un « groupe multinational », mais personne n’a encore donné le nom des marines prêtes à défiler sous les batteries iraniennes. Le marché n’attend pas la liste : il price le risque d’emblée.

Riyad ressuscite ses pipelines, l’aie déverse 400 millions de barils
Coincé entre la menace et la pénurie, l’Arabie saoudite réactive ses lignes trans-péninsulaires vers la mer Rouge. Capacité récupérée : 700 000 b/j. Une goutte. C’est pourquoi l’Agence internationale de l’énergie a décidé de sortir le SPR asiatique dès cette semaine : 400 millions de barils, record absolu, seront proposés aux raffineries de Shenzhen, Yeosu et Mumbai. Objectif : éviter la rupture, pas baisser le prix.
Les courtiers de Singapour résument la scène : « Le spread Brent-Dubai s’est effondré, mais personne ne vend au cash. Tout le monde se demande si la prochaine salve visera Ras Tanura ou Qeshm. » Le DJ Commodity vient d’ajouter 3 % de marge intraday. Les hedge funds, eux, ont déjà levé 5 milliards de dollars de positions longues depuis vendredi.
Le baril peut encore monter. Le détroit peut encore brûler. Ce qui est certain, c’est que le premier millions de barils de secours atterrira à Ningbo avant même que l’Opep+ ne convoque une réunion d’urgence. L’Asie paiera l’addition, mais elle ne restera pas les bras croisés.
