Israël transforme ses avions en boucliers laser pour verrouiller le ciel du levant
Des F-16 israéliens qui crachent des faisceaux de 100 kW capables de faire fondre un drone iranien à 20 km de distance, coût de la salve : 3,50 $. Elbit Systems vient de décrocher le contrat secret du IMOD pour installer des modules HPL (High-Power Laser) sur chasseurs et hélicoptères, révélant par inadvertance la course que se livrent Jérusalem et Washington pour rendre le rayon aussi banal qu’un missile Patriot, mais 100 000 fois moins cher.
Un tin d’airain à 2 $ le coup de blaster
L’annonce a filtré dans le rapport annuel d’Elbit, publié à Tel-Aviv le 3 mai. Sur 16 pages de chiffres, une ligne suffit à faire tressaillir les états-majors : « obtention d’un contrat IMOD pour un module laser aéroporté de haute puissance ». Aucune fiche technique, pas de montant, seule la promesse d’un HELWS (High-Energy Laser Weapon System) embarqué qui remplace la Iron Dome par une Iron Beam volante. Le principe ? Un caisson de fibres optiques alimenté par la turbine du réacteur, qui concentre 100 kilowatts en un trait de lumière de 10 cm de diamètre. Temps d’engagement : 4 secondes. Coût marginal : la même addition qu’un café dans un kibboutz.
Le Ministère de la Défense a déjà testé le concept en juin 2021 depuis une humble Cessna 208. Trois drones de type Quadcopter ont été sectionnés en vol, leurs débris retombant dans le désert du Néguev. Depuis, l’étape suivante était évidente : monter le système sur un F-16I Sufa et sur les hélicoptères Apache de la 190e escadrille. Objectif : créer une bulle de protection mobile à 12 000 m d’altitude, là où la poussière et l’humidité n’érodent pas le faisceau. Bezhalel Machlis, PDG d’Elbit, résume : « Voler au-dessus des nuages, c’est aligner la portée théorique avec la réalité stratégique : frapper avant que l’adversaire ne sache que nous l’avons vu. »

Washington panique et débloque 185 milliards pour sa « coupole dorée »
La révélation tombe mal pour le Pentagone. Depuis janvier, des essaims de Shahed-136 iraniens s’écrasent sur les bases américaines d’Irak et de Syrie, chaque interception par Patriot coûtant 3 millions de dollars. Michael Dodd, sous-secrétaire à la Défense, a donc annoncé à Honolulu le 28 avril un plan triennal pour « rendre le laser opérationnel à l’échelle ». Budget : 185 milliards de dollars pour la seule phase 1 du programme Golden Dome, version trumpiste de la Star Wars de Reagan. Ironie : l’idée revient à copier une technologie qu’Israël vient de déjà monter sur ses avions.
Elbit, de son côté, engrange. Le carnet de commandes atteint 28 milliards de dollars, en hausse de 24 %, tandis que le chiffre d’affaires 2025 bondit de 16 % à 7,9 milliards. La société israélienne fournit déjà à l’US Air Force ses pods de désignation laser LANTIRN ; elle livrera en 2026 les premiers blocs HPL-A pour F-16, suivis en 2027 par une version hélicoptère compatible avec les nouveaux Apache Guardian. Le tout avec une clause de réduction de coût inscrite au contrat : chaque module doit baisser de 35 % au terme de la première tranche de 50 appareils.
Reste la question du contre-laser. La Chine et la Russie testent des peintures réfléchissantes et des revêtements ablatifs capables de dissiper 70 % de l’énergie incidente. Réponse d’Elbit : augmenter la puissance à 300 kW d’ici 2028 et multiplexer les longueurs d’onde pour contourner les boucliers thermiques. Coût estimé : 40 millions de dollars par unité, soit le prix d’un seul missile THAAD. La guerre des rayons vient de remplacer la guerre des étoiles. Et cette fois, le budget est déjà voté.
