Investcloud licencie 37 salariés à distance : l'ia remplace l'humain même quand la boîte gagne de l'argent
InvestCloud vient de signer l'acte II du drame social de l'IA : 37 télétravailleurs de son hub de Marghera, près de Venise, reçoivent leur préavis sans qu'aucun carnet de commandes ne soit à la baisse. La société californienne, qui engrange 10 millions d'euros de chiffre d'affaires et 500 000 € de bénéfice net, justifie la fermeture par « une restructuration technologique ». Mot-clé : automatisation.
Il ne s'agit pas d'une économie de 5 % sur la masse salariale pour sauver un exercice calamiteux. InvestCloud affiche 248 000 € de revenu par collaborateur, un ratio que fait baver les ESN du Vieux Continent. La direction a simplement calculé que Claude, Codex et Copilot peuvent désormais générer 70 % du code client, rédiger la documentation technique et même tester les patches de sécurité. Résultat : 37 postes de développeurs, chefs de projet et analystes financiers rayés d'un trait de plume sur un PowerPoint.
Le modèle « humain sur-mesure » est ravalé au rang d'archaïsme
Jusqu'ici, InvestCloud vendait des plateformes personnalisées aux banques privées : un développeur italien codait un module de reporting, un ingénieur londonien adaptait l'API, un chef de projet californien coordonnait le tout. Coûteux. Lent. Le nouveau credo : un cœur de produit standardisé, enrichi par l'IA et ajusté en quelques prompts. Le client paie la même licence, mais la marge grimpe car la main-d'œuvre s'évapore.
Le syndicat Fiom Cgil réagit avec une colère mesurée : « On nous parle de progrès, on nous offre un algorithme à la place d'un emploi. » Les licenciés, majoritairement diplômés d'ingénierie et maîtrisant trois langues, se retrouvent à concurrencer des modèles qui ne prennent ni vacances, ni congés parentaux, ni RTT.

Le signal : même la rentabilité ne protège plus
InvestCloud n'est pas une licorne en détresse, c'est une PME tech qui distribue des dividendes. Sa décision fait tâche d'huile dans les Slack des CTO européens : si l'IA peut remplacer des équipes profitables, quel argument va-t-on invoquer demain pour sauver les postes ? Le plan social devient une simple mise à jour logicielle.
La preuve : les forums de Hacker News regorgent déjà de managers qui avouent « tester le 30 % de réduction des effectifs » grâce à Copilot. Les licenciements se font en catimini, un service à la fois, histoire d'éviter la mauvaise presse. InvestCloud a juste été assez cynique pour le revendiquer.
Le gouvernement italien, pris de vitesse, promet un « fondo di riqualificazione » pour les 37 familles. Montant : 2 000 € par tête. Soit l'équivalent de huit jours de facturation d'un senior dev à Londres. La ironie : la plateforme de demande de subvention est hébergée sur un cloud… automatise par des scripts.
Pendant ce temps, les actionnaires d'InvestCloud votent une augmentation de dividende de 12 %, présentée comme « le fruit de l'excellence opérationnelle ». Le mot « excellence » n'a jamais aussi bien convenu à une ligne de code écrite par une machine.
