Intel rebondit en bourse grâce à l’ia et aux puces 6g
Wall Street a fini par croire au come-back. Lundi, Intel a grimpé de 4,4 %, son plus gros bond depuis trois mois, après une série d’annonces qui donnent enfin un horizon crédible à son plan de survie.
Le déclic ? Deux partenariats signés en moins d’une semaine : Ericsson pour des réseux 6G pilotés par l’intelligence artificielle, Infosys pour des plateformes IA « edge » dédiées à la santé. Les investisseurs ont compris que le géant californien ne se contentait plus de PowerPoints : il livre des architectures, des puces et des dates.
Le spectre de nvidia plane sur santa clara
Coincidence ou stratégie, Intel a choisi le premier jour de la conférence GTC de Nvidia pour publier sa participation à l’événement. Le message est limpide : nous aussi savons faire des accélérateurs. Le titre a suivi le mouvement général du secteur — le PHLX Semiconductor Sector a gagné 3 % — mais il a surperformé le Nasdaq 100 de près de trois points. Une victoire symbolique quand on sait que le fondeur est exclu du club très fermé des fournisseurs de GPU « H100 ».
Sur le sol d’Embedded World, à Nuremberg, la division « Network & Edge » a dévoilé la série Core 2, gravée en Intel 4 (7 nm EUV). Le jeu de 48 cœurs mixtes promet 1,8× de performances par watt contre la génération précédente. Le pack « Health & Life Sciences AI Suite » complète l’offre : inférences locales, modèles pré-entraînés et surcouche HIPAA clé en main. Les premiers prototypes seront livrés à Mayo Clinic dès juin.

Trois milliards de dollars de carnet en dix jours
Le directeur financiel, David Zinsner, a glissé à quelques analystes que les engagements clients ont dépassé 3 G$ depuis le 1er avril. Le chiffre n’a pas été confirmé officiellement, mais il circule en boucle sur les terminaux Bloomberg. Assez pour faire oublier la chute de 35 % du chiffre d’affaires datacenter sur l’exercice 2023. Assez aussi pour que Susquehanna relève sa recommandation de « négatif » à « neutre », première upgrade depuis 2021.
Reste le chantier des fabs. Le site d’Arizona (fab 52 et 62) commencera la production de masse de process 18A au deuxième semestre 2025. Les équipements ASML ont été payés cash, preuve que le plan de restructuration — 10 000 suppressions de postes et 8 Md$ d’économies — commence à libérer du cash-flow opérationnel.
À la clôture, Intel valait 138 Md$ de capitalisation, loin des 290 Md$ de 2021 mais déjà 27 % au-dessus de son plus bas de janvier. Le rebond est fragile, mais il est réel. Et dans la Silicon Valley, on sait que l’on ne meurt jamais quand on sait encore graver la matière.
