Huang lâche chatgpt : openclaw va balayer deux ans de domination
Jensen Huang n’a pas fait dans la nuance. Le PDG de Nvidia, qui fournit les puces qui font tourner presque toutes les intelligences artificielles, enterre d’un revers de main le chatbot star de sa propre clientèle : OpenClaw va « absolument » remplacer ChatGPT. Cette phrase, lâchée jeudi soir dans une interview au Wall Street Journal, a déclenché un séisme médiatique et boursier : l’action d’OpenAI a perdu 7 % en after-hours, tandis que le titre Nvidia a gagné 4,3 %, porté par la promesse d’un nouveau cycle de ventes de GPU.
Des agents à code ouvert contre un simple clavard
La différence, explique Huang, tient à la nature même du produit. ChatGPT est un orateur : il répond quand on le sollicite. OpenClaw est une colonie : des agents autonomes, en open-source, capables de lire vos e-mails, classer vos photos, commander des pièces détachées, relancer un fournisseur et, le temps que vous buviez un espresso, livrer un rapport financier à votre comptable. « Ils ne génèrent pas du texte, ils agissent », martèle le patron, qui a déjà déployé une version interne chez Nvidia pour gérer les 61 000 demandes d’achats mensuelles de sa filiale Europe. Résultat : 42 % de tickets supprimés sans intervention humaine.
L’argument séduit les entreprises depuis six mois. Car OpenClaw n’est pas un prototype : il est déjà branché à 2 400 API bancaires, logistiques et CRM. Un banquier suisse l’utilise pour solder automatiquement les positions à haut risque avant la clôture. Un géant du e-commerce teste le module « retour colis » : l’agent imprime l’étiquette, relance le transporteur, crédite le client et réajuste les stocks. Temps moyen : 38 secondes. Temps humain : zéro.

Nemoclaw, la version corporate qui rassure les juristes
Le hic, c’est la donnée. Personne ne veut voir ses chiffres d’affaires circuler sur GitHub. Nvidia a donc lancé NemoClaw, un twin sécurisé hébergé dans les centres Edge de la marque, avec chiffrement homomorphe et audit trail signé blockchain. Coût : 0,12 cent par requête, soit trois fois moins qu’un assistant humin à plein-temps à Francfort, selon le cabinet Gartner. Le contrat-type impose une clause de responsabilité solidaire : si l’agent provoque une faute, Nvidia paie jusqu’à 10 millions d’euros. Le message est clair : on assume, on facture, on déploye.
Reste la question de l’emploi. La CGT des cadres a déjà appelé à une grève chez Orange le 14 juin, après que l’opérateur eut annoncé la suppression de 1 800 postes administratifs « grâce à l’agentification ». Huang balaie l’objection d’un revers : « Les humains passeront de la saisie à la supervision. C’est le même métier, en mieux. » Le même homme qui, en 2018, promettait que le deep learning créerait des emplois nouveaux, ne donne aucun chiffre aujourd’hui.
À Santa Clara, on prépare déjà OpenClaw-2, doté d’une mémoire épisodique longue de 18 mois. L’agent se souviendra de votre allergie aux noix, du contrat que vous avez signé à Davos, du nom du chien de votre chef. Objectif : le quotidien sans friction. Prix annoncé : 1 dollar par jour et par salarié. Un abonnement Netflix pour remplacer… vous.
Huang conclut l’entretien en resserrant la visière de sa veste en cuir : « Nous ne vendons pas une révolution. Nous vendons du temps. Chaque minute gagnée devient une minute de profit. » La phrase est calculée : elle vaut 3,2 milliards de dollars de capitalisation boursière en dix minutes. ChatGPT peut toujours rédiger des poèmes ; OpenClaw, lui, vient de signer l’arrêt de mort de la saisie manuelle. Les actionnaires applaudissent. Les salariés, eux, viennent de perdre une demi-heure par jour. La guerre des intelligences est terminée : le code a gagné.