Casa blanche: nouvelle tentative de démantèlement budgétaire de la nasa
La Maison Blanche tente à nouveau de réduire drastiquement le financement de la NASA, une manœuvre déjà rejetée l'an dernier par le Congrès. Cette nouvelle proposition, dévoilée vendredi matin, vise à amputer de près de 6 milliards de dollars le budget de l'agence spatiale, signe d'une obstination de l'administration Trump à réduire les fonds de la NASA d'un quart, malgré le retour aux niveaux de l'ère Biden l'année passée.

Des missions spatiales au rabais: une stratégie contestable
Le cœur de cette proposition réside dans une réduction de 3,4 milliards de dollars allouée aux programmes scientifiques de la NASA, conséquence de la suppression de 40 missions. Un plan qui s’annonce déjà aussi impopulaire qu’il l’a été il y a un an. Si les missions concernées n'ont pas été explicitement nommées, l'administration avait déjà pris pour cible des programmes d'exploration martienne, des télescopes à rayons X et des satellites de recherche. L'annulation d'un programme de collecte d'échantillons de sol martien, présentée comme un exemple de « dépenses superflues », témoigne de la ligne directrice de cette réduction budgétaire.
Cette initiative survient alors que Jared Isaacman, l'administrateur de la NASA, s'emploie à redéfinir le programme spatial américain. En mars dernier, il avait annoncé une série de changements ambitieux, incluant une transition vers des fusées commerciales pour les missions lunaires, une accélération du rythme des lancements et la construction d'une base lunaire d'un coût estimé à 30 milliards de dollars sur la prochaine décennie. Le budget proposé par l'administration Trump, allouant 175 millions de dollars à cette base lunaire, constitue le premier signe concret d'un soutien aux projets d'Isaacman.
Mais la stratégie ne s'arrête pas là. À l'image de l'année précédente, la Maison Blanche réitère sa volonté de démanteler progressivement le Space Launch System (SLS) de Boeing, jugé « excessivement coûteux et sujet à des retards », ainsi que la capsule Orion de Lockheed Martin, actuellement utilisée pour des missions lunaires habitées. Ces projets seraient remplacés par des alternatives commerciales.
De plus, une réduction d'environ un milliard de dollars est envisagée pour la Station Spatiale Internationale (ISS), dont le démantèlement est prévu pour 2030. L'administration privilégie ainsi le « développement rapide et le déploiement de stations spatiales commerciales », bien que des responsables de l'agence aient récemment admis disposer d'un budget plus limité que prévu pour financer ces initiatives. L'équation est complexe : l'ambition d'Isaacman se heurte à des contraintes budgétaires persistantes.
La demande budgétaire du président sert traditionnellement de base au processus d'allocation des fonds par le Congrès. Les négociations s'annoncent donc animées dans les mois à venir. La question n'est pas tant de savoir si ces coupes seront adoptées, mais plutôt dans quelle mesure le Congrès permettra à la NASA de poursuivre ses ambitions spatiales.
