Capital tankers chute à oslo : l’ormuz ferme, les investisseurs paniquent

12 % de perte en séance, 440 millions de dollars levés pour rien. Capital Tankers a débarqué vendredi à la Bourse d’Oslo avec la gueule de bois : son introduction a coïncidé avec la fermeture du détroit d’Ormuz, et les algorithmes ont aussitôt vendu. Le titre a touché 118 couronnes, contre 134 à l’IPO. Le marché sanctionne d’entrée la compagnie grecque, même si son modèle – 30 pétroliers neufs livrables d’ici 2028 – promettait des cash-flows de rêve.

Le détroit qui fait sauter les cours

Depuis que Washington et Tel-Aviv ont frappé Téhéran, plus un tanker n’ose passer. Le baril type Very Large Crude Carrier (VLCC) a quadruplé ses tarifs : 85 000 $ par jour contre 20 000 $ début avril. Capital Tankers, avec sa flotte de neuf navires et vingt-et-un en chantier, devrait théoriquement profiter de la pénurie de capacité. Sauf que les fonds norvégiens parient sur une guerre longue – et donc sur une récession pétrolière – et ont préféré dégraisser leur ligne.

Evangelos Marinakis, propriétaire du groupe et des clubs Olympiacos et Nottingham Forest, a ponctuellement perdu 50 millions de dollars de valeur papier en deux heures. Il reste majoritaire à travers Capital Maritime & Trading Corp., qui a mis sur le march 31 millions d’actions, plus 4,65 millions de greenshoe. Fearnley et Pareto, les bookrunners, ont dû racheter pour stabiliser ; le flottant reste mince, 14 % seulement.

Oslo, plaque tournante du shipping, veut une suite américaine

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La direction ne cache pas son intention : une dual-listing à New York d’ici 2025. Oslo abrite déjà Frontline, Hafnia et Wallenius ; les analystes y connaissent le delta entre valeur comptable et valeur de ferraille. Mais NASDAQ offre la liquidité manquante pour financer 13 options supplémentaires sur des neubuildings CMTC à prix fixe jusqu’en décembre.

Le risque : si l’Ormuz rouvre, le taux spot retombera sous 30 000 $ et les 4200 millions de couronnes levées deviendront une dette en devises chères. La compagnie l’assume : « Nous hedge 70 % de notre exposition 2025 via FFA », glisse un CFO sous couvert d’anonymat. Le mot clé : contango. Tant que le pétrole reste plus cher à terme, stocker en mer paie les coupons.

Clap de fin : à 15 h 30, le titre clôture à 121,5 NOK, soit –9,3 %. Le spread par rapport aux 134 de l’IPO représente exactement le coût d’un an de fret pour un suezmax. Le message est brut : à Oslo, on ne paie pas la guerre au prix fort. On la short.