Capcut écrase le marché, l’ia s’infiltre partout : le téléchargement logiciel bascule en 2025
39 millions de fois. C’est le nombre de fois où CapCut a été téléchargé en 2025 via Softonic, plaçant l’éditeur de vidéos d’ByteDance devant GTA San Andreas, Word ou ChatGPT. Un score qui résume à lui seul la mutation silencieuse du logiciel : l’intelligence artificielle n’est plus un bonus, elle est l’osmose.
Le mobile devient le cd-rom du monde
62 % des 1,5 milliard de visites annuelles de la plateforme proviennent d’un écran de poche. Le taux a doublé en cinq ans, laminant le PC (34,9 %) et enterrant la tablette (2,1 %). Conséquence : le logiciel se conçoit d’abord pour le tactile, le clavier étant un accessoire. Les studios qui refusent ce paradigme perdent déjà un quart de leur audience.
Derrière la ruée vers CapCut, un signal plus sourd : les utilisateurs ne cherchent plus un outils, ils veulent une relation. Le « télécharger » devient un abonnement émotionnel : mise à jour en fond, cloud actif, suggestions en push. Softonic parle même de « download continu » pour qualifier ces logiciels qui se réinventent chaque matin sans que l’on clique jamais sur « installer à nouveau ».

Chatgpt x23 en deux ans, gemini et autres poursuivants
87 000 téléchargements en 2023, 2 millions en 2025. La courbe de ChatGPT ressemble à celle d’un virus bien plus qu’à celle d’un utilitaire. Google Gemini grimpe à 583 000, Remini (restauration d’images) frôle les 600 000. Mais l’IA ne se vend plus sous l’étiquette « AI » : elle se cache dans les filtres de Remini, les scripts de CapCut, les suggestions de Word. Le consommateur ne veut plus entendre parler d’algorithmes, il veut que ça marche.
Pourtant, la défiance grimpe en parallèle. Les fuites de données, les fausses extensions et les fausses promesses de « 100 % gratuit » ont fait exploser les demandes d’antivirus : Avast reste dans le top 10 mondial. Le freemium n’est plus une option, c’est la norme pour séduire un utilisateur qui teste trois secondes et désinstalle aussitôt.

Asie 51 %, europe 16 % : le centre de gravité a basculé
L’Inde seule génère plus de sessions que l’ensemble de l’Europe. Le Brésil et les États-Unis garantissent l’Amérique du Sud et du Nord sur le podium, mais c’est l’Asie qui dicte désormais les fonctionnalités : packs de langues, compression ultra-légère, mode hors-ligne first. Les éditeurs européens qui traduisent en dernier perdent trois mois de classement, un éternité quand la courbe de popularité ressemble à une fusée.
En Espagne, curieusement, le logiciel star reste Microsoft Word avec 157 000 installations. Le clavier QWERTY bat la vidéo verticale. Pourvis Mazars y voit la preuve que la productivité compte plus que le buzz dans certaines zones économiques. Mais même Word intègre désormais Copilot ; l’IA finit toujours par passer par la porte principale.
Conclusion : le téléchargement n’est plus un acte, c’est un flux. Les 30 % de parts de jeux (GTA San Andreas, Roblox) masquent une réalité plus dure : les logiciels qui ne renouvellent pas leur expérience tous les trimestres disparaissent des radars. CapCut a compris qu’on ne vend plus une fonction, on vend une itération. Les 39 millions ne sont qu’un début ; demain, ce seront 100 millions ou rien du tout. Le compteur se remet à zéro chaque nuit.
