Balises v16 déshomologuées : 5 modèles interdits à la vente mais toujours dans les rayons

Cinq balises V16 viennent de perdre leur homologation. Elles ne peuvent plus être vendues, pourtant elles traînent encore dans les cartons des garages et des sites e-commerce. Le piège : l’acheteur ne le saura pas, la DGT ne l’interdit pas d’usage, et le contrôle technique ne vérifie pas le numéro de série.

Depuis le 1ᵉʳ janvier, le triangle de signalisation est mort. Enterré. Remplacé par un petit cylindre jaune qui clignote à 360 ° et se connecte à la foudre 4G pour prévenir les autres véhicules. Le ministère a promis la fin des accidents en bord de route. Le marché, lui, a promis la ruée : 47 millions d’automobilistes obligés d’acheter l’objet, 300 marques surgies en six mois, la majorité made in Shenzhen.

La fronde des certificats caducs

Derrière le rideau, les certificats s’effondrent comme des châteaux de cartes. Ledel Solutions Co. Ltd, le certificateur chinois qui avait signé trois modèles vendus sous les marques Don Feliz, The Boutique for Your Car et Ikrea, a vu ses papiers expirer en silence. Même punition pour Ditraimon S.L., l’Espagnol qui garantissait la XL-HZ-001-VC de Call SOS. Quatre morts administratives en avril. Cinq autres suivent : Isse, ELTV16EuroLight, Swiss Drive, Dunlop, encore Isse. Neuf cadavres au total, mais aucun rappel officiel, aucune affiche dans les stations-service.

Pourquoi ces retraits ? La DGT répond par télégramme : « fin de production » ou « non-renouvellement du certificat ». Pas un mot sur les tests réels, pas de rapport d’accident, pas de données d’interférence 4G. Le silence est d’or ; le conducteur, lui, reste avec une balise orpheline dans la boîte à gants.

Amende ou tolérance : le flou qui tue

Amende ou tolérance : le flou qui tue

La bonne nouvelle : circuler avec une balise déchue n’est pas punissable. Le code de la route n’exige pas la référence homologuée, seule la présence d’un dispositif de signalisation. La mauvaise : si vous en achetez une aujourd’hui et que le vendeur vous la refusera au moment du contrôle technique dans deux ans, vous devrez racheter. Le coup double : 30 € jetés, plus 30 € de remplacement. Le tout pour un gadget dont la pile tiendra à peine 18 mois.

La liste des valides ? Cachée au fin fond du site de la DGT, mise à jour sans fil d’actualité, écrite en police 9. Le citoyen lambda tape « balise V16 » sur Google, tombe sur un pack de trois à 19,99 € livré en 24 h, et clique. Dans 48 heures, le colis est sous le sapin. Le scam est légal.

Entre-temps, les usines de Shenzhen tournent encore. Un ingénieur y change un condensateur, réduit le coût de 4 centimes, relance la chaîne. Une nouvelle référence nait, certificat neuf, même boîte, même LED. Le cercle est bouclé. Le consommateur européen paie l’innovation, le distributeur engrange la marge, l’administration compte les accidents. Et le triangle reste interdit, comme un vieux souvenir de l’époque où l’État fabriquait ses propres normes.