Artemis ii décolle sans accroc : la nasa relance la conquête lunaire
4h47, Floride. Le crachotement des boosters rompt l’aube et la Statue de la Liberté perd son titre de plus haute structure américaine. Artemis II vient de quitter le pas de tir 39-B, propulsé à 28 000 km/h, direction la Lune. Pas de retard, pas de grain de poussière : le SLS a livré sa partition d’ingénieurs en moins de huit minutes.
Objectif : boucler l’orbite lunaire avec quatre humains à bord
À bord, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen vont tracer l’ellipse d’un retour que personne n’a effectué depuis Apollo 17 en 1972. Dix jours, deux loopings autour de notre satellite et une rentrée atmosphérique à 3 900 °C : le test grandeur nature avant le premier alunissage d’Artemis III, prévu fin 2026.
La fusée a dégagé ses boosters latéraux à 42 km d’altitude, comme prévu. Les images montrent deux traits de lumière orange qui s’éloignent, puis la coiffe qui se jette dans l’Atlantique. Sur le pas de tir, une odeur de poudre et d’ozone flotte encore quand les techniciens commencent déjà à décompter le prochain délai de maintenance : 90 jours pour remettre le lanceur au goût du jour.
Lo que nadie cuenta : le budget. Chaque lancement coûte 4,1 milliards de dollars, soit l’équivalent d’un an de recherche publique contre le cancer aux États-Unis. La Nasa promet de ramener la facture à 2 milliards d’ici 2030 grâce à une version réutilisable du moteur RS-25, mais le Congrès n’a pas encore validé la ligne de crédit.

Derrière la prouesse, la guerre des sous-traitants
SpaceX observe. Starship, sa propre fusée lunaire, doit voler en orbite cette année avec une capacité de charge utile six fois supérieure au SLS. La bataille n’est plus seulement technique : elle est géopolitique. Le premier à poser une équipe au pôle Sud lunaire fixera les standards d’extraction d’eau glacée, donc les règles de ravitaillement en carburant pour les décennies suivantes.
Sur le Kennedy Space Center, les photographes ont scotché leurs boîtiers à des trépieds en aluminium pour éviter que la vibration sonique ne les fasse s’envoler. Le cliché le plus partagé : une colonne de feu découpe l’horizon en deux, tandis qu’un pélican paniqué fuit vers le nord. L’instant dure 0,6 seconde. Il restera comme l’image de la semaine sur tous les réseaux sauf, ironie, sur le compte Twitter de la Nasa, bloqué depuis la chute de la plateforme sous Musk.
Le calendrier est désormais impitoyable : si Artemis II rentre sans encombre, la Nasa pourra valider les procédures d’évacuation médicale en orbite lunaire et signer le feu vert pour le vol suivant. Si un seimique détecte une microfissure sur le réservoir interne, tout repart à zéro. Le prochain créneau de tir ? Avril 2026. L’Amérique a donc dix jours pour souffler, puis elle devra à nouveau tenir son souffle.
