Alibaba dégaine son agent ia pour entreprises, prêt à piloter taobao et alipay

Alibaba va dévoiler cette semaine un agent d’intelligence artificielle conçu pour remplacer les opérateurs humains derrière les écrans des PME chinoises. Le robot, nourri au modèle maison Qwen, saura ouvrir un navigateur, remplir un bon de commande, solder une facture et même administrer un serveur cloud sans qu’un doigt clique. Le tout en respectant la consigne officielle : aucune donnée cliente ne quittera le pare-feu de l’entreprise.

L’équipe dingtalk orchestre la réplique chinoise à openclaw

Ce sont les mêmes ingénieurs qui ont transformé DingTalk — la réponse d’Alibaba à Slack — en couteau-suisse bureaucratique pendant la pandémie. Ils ont codé l’agent dans l’urgence, après que Pékin a conseillé aux banques d’effacer OpenClaw de leurs terminaux. Résultat : un logiciel qui comprend 280 dialectes, anticipe le timing des paiements et sait quand un fournisseur tente une surfacture. 53 milliards de dollars, c’est la ligne de crédit que Eddie Wu, le CEO, a promise l’an dernier pour dompter l’AGI. Une somme qui fait passer le plan cloud de deuxième génération pour une simple mise à jour.

La phase pilote commence par Taobao et Alipay. Imaginez : l’agent scanne en arrière-plan les stocks du vendeur, ajuste le prix en fonction du comportement d’achat repéré sur Alipay, génère la publicité personnalisée et, s’il détecte un client récalcitrant, déclenche un coupon instantané. Le commerçant n’aura plus qu’à valider le récapitulatif. Temps gagné : entre deux et quatre heures par jour, selon les premiers tests internes.

Un trou de 7,2 milliards de yuans à reboucher

Un trou de 7,2 milliards de yuans à reboucher

La menace ? Les ventes de cloud d’Alibaba ont plongé de 7 % au dernier trimestre, son plus mauvais score depuis le début des publications. Pire, la fuite de Lin Jun, l’un des pères de Qwen, a ébranlé la confiance des investisseurs. D’où la stratégie « agent d’abord, facturation après » : l’entreprise hésite encore entre un abonnement SaaJ classique ou une micro-commission sur chaque transaction automatisée. Le marché chinois des agents IA atteindra 12 milliards de dollars en 2026; Alibaba veut 40 % de ce gâteau.

Le régulateur, lui, observe. Pékin a promis des amendes salées aux plateformes qui laissent fuiter des données sensibles. Alibaba a donc greffé à son agent une puce de chiffrement homomorphe : le robot peut calculer sur des données qu’il ne peut pas lire. Coût de la certification : 18 millions de yuans. Prix à payer pour rester dans la course alors que Baidu et ByteDance préparent leurs propres clones pour le second semestre.

L’annonce officielle tombe jeudi, juste avant l’appel aux investisseurs. Si le marché applaudit, Alibaba regagnera en une séance la capitalisation qu’elle a perdue depuis l’annonce du départ de Lin. Sinon, Eddie Wu devra expliquer pourquoi 380 000 serveurs ne suffisent pas à produire une intelligence qui tienne ses promesses. Dans les deux cas, l’agent est déjà en ligne dans les labos, impatient de remplacer le premier employé qui osera prendre une pause-café.