Spotify dégaine songdna : la face cachée de vos titres préférés en un swipe

Spotify vient de déverrouiller la boîte noire de la pop mondiale. SongDNA, en bêta pour les Premium, expose enfin qui compose, produit, sample ou reprend chaque morceau. Pas de générique illisible : les crédits apparaissent dans l'écran « Now Playing », vivants et cliquables.

Des studios d’aubervilliers à atlanta, la carte des faiseurs de hits

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La feature déroule trois volets. Creative connections : on remonte du nom du beatmaker sud-coréen à la chanteuse néo-zélandaise qu’il a coachée. Song roots : le sample de 1973 caché sous le trap de 2024 et la ribambelle de reprises qu’il a engendrées. Artist threads : un simple tap sur un collaborateur et l’arbre s’allonge, sans fin.

L’offensive est stratégique. Apple Music clame la « qualitéstudio », Tidal le « juste prix pour l’artiste ». Spotify réplique en rendant la création transparente, presque palpable. Le pari : transformer l’usager passif en détective sonore, et donc le maintenir dans l’appli plus longtemps que le temps d’un chorus.

Mais le diable est dans le catalogue. Si SongDNA se révèle blanc sous les titres indie ou avant 1995, le gadget deviendra vitrine creuse. L’enjeu pour Daniel Ek : signer la plus grande base de métadonnées crédités de l’industrie, avant que les majors ne lui facturent l’accès.

La bêta est déployée sur iOS et Android en avril, l’extension à tous les Premium suit ce mois-ci. 1,2 milliard de pistes disponibles, promet Spotify. À voir si le chiffre tient quand on creuse les albums auto-produits de Bandcamp.

Derrière la feature, un fait brut : les streams ne rapportent qu’un centime aux sessionistes. SongDNA ne paiera pas le guitariste de « Africa », mais il pourrait, peut-être, lui offrir une seconde vie algorithmique. C’est déjà ça.