Paul mccartney jouera en secret pour apple : 50 ans de rock et de vengeance tech

Fin de partie en fanfare. Après une année de festivités, Apple clôturera ses 50 ans ce mardi 31 mars à Cupertino devant ses seuls salariés. Le nom du tête d’affiche ? Un certain Paul McCartney, fraîchement débarqué de sa tournée américaine, prêt à reprendre son Violonbass Höfner dans le Steve Jobs Theater. Une poésie de la contradiction : le label Apple Corps, fondé par les Beatles, avait traîné la firme à la pomme au tribunal pendant des décennies.

La chicane apple corps contre apple computer en trois actes

1978 : le label des Fab Four attaque le jeune fabricant d’ordinateurs pour appropriation de sa marque. 1981 : accord à l’amiable. Apple Computer promet de ne jamais toucher à la musique, Apple Corps s’interdit l’électronique. 1989 : rebondissement. Le Mac intègre le MIDI et des échantillons audio. Apple Corps réclame 25 millions USD. Règlement : 26,5 millions versés en 1991. Steve Jobs, fan absolu du groupe, encaisse mais rêve déjà d’un iPod.

Ironie suprême : lors de la présentation de l’iPhone en 2007, Jobs ouvre la démo avec Sgt. Pepper’s. Le bras de fer repart. Apple Corps réclame encore. Cette fois c’est Apple qui plie en 2007, engrangeant aussitôt les droits Beatles sur iTunes. Depuis, paix des braves. Paix onéreuse.

Sosumi, le clin d’œil d’un ingénieur son qui fit trembler les avocats

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Dans les années 90, Jim Reekes conçoit la sonnerie d’alerte du Mac. Il veut l’appeler Let It Beep. Les lawyers disent non. Il rebaptise donc le fichier Sosumi, littéralement « So, sue me ». Vengeance d’ingénieur. La blague devient culte, migrera jusqu’à macOS Big Sur sous le nom de Sonumi.

Aujourd’hui, la boucle est bouclée. McCartney sur scène à Apple Park, c’est la revanche douce des Beatles : de l’ennemi juré au guest star, la distance se mesure en milliards de streams. Et en millions de dollars : la cachet du bassiste gaucher avoisine 5 à 10 millions, soit 60 fois le pactole que le groupe avait touché pour le Shea Stadium de 1965.

Jobs aimait à dire que la dynamique d’Apple Inc. copiait celle des Beatles : quatre talents qui équilibrent leurs excès. « Le tout dépasse la somme des parties », assénait-il. Demain soir, le cercueil de cuivre du Steve Jobs Theater résonnera de Band on the Run. Les employés scanderont. Les avocats dormiront. Et l’histoire, sale gamine, sourira.