L'espagne crée un revenu partiel de 420 € pour les seniors à mi-temps
Fini le choix entre chômage et petit boulot. Madrid verse désormais 420 € par mois, sans démarche, aux travailleurs de plus de 52 ans embauchés à 50 %.
Un filet qui se déclenche tout seul
Le SEPE, bras armé de l’État espagnol, a officialisé le dispositif ce mercredi : dès le premier jour d’un contrat à mi-temps, le « Complémento de apoyo al empleo » (CAE) s’active de oficio. Refuser ? Il faut explicitement le demander. Silence = argent.
La manœuvre vise le cœur dur du chômage senior. En Espagne, 53 % des demandeurs âgés de 52 à 64 ans n’ont droit ni au chômage contributif ni à l’aide classique. Le CAE leur offre 180 jours de respiration, fractionnables, décomptés sur leur période de chômage restante.

Le montant fond comme neige au soleil
Attendez-vous à une dégressivité implacable : 420 € les trois premiers mois, puis 270 €, 180 €, 120 € et enfin 60 €. Objectif affiché : éviter le piège de l’emploi précaire à vie en incitant à chercher mieux, vite.
Pour toucher la manne, il faut : 6 ans de cotisations, 15 ans de carrière (dont 2 sur les 15 dernières années) et un revenu mensuel inférieur à 915,75 € — plafond révisé avec la hausse du SMIC. Un couple avec deux enfants ? Le calcul se fait per capita. 3 663 € de revenus familiaux, c’est le plafond ultime.

Et l’armée dans tout ça ?
Service militaire ou carrière de sous-officier : les trimestres comptent, oui, mais uniquement s’ils ont été cotisés à la sécurité sociale. Le ministère de la Défense délivre une feuille de service ; sans elle, pas de point.
Piège : le CAE consomme le capital-chômage. Un senior qui accepte un CDD de six mois à 50 % verra ses droits « ordinarios » amputés de la même durée. Il pourra les reprendre ensuite… à condition d’être à nouveau au chômage. Un pari risqué quand on a 59 ans.

Le gouvernement mise 180 millions, les syndicats crient au « maquillage »
Madrid promet 180 M€ sur l’exercice. CC.OO. rétorque : « On transforme le chômage en RSA espagnol. » Le taux d’emploi des 55-64 ans stagne à 51 %, contre 62 % dans la zone euro. Le CAE, c’est un pansement sur une fracture démographique.
Reste une victoire silencieuse : pour la première fois, un senior espagnol peut cumuler salaire partiel et allocation sans délai d’attente. 420 €, c’est la moitié d’un loyer à Valence. Pas de quoi fêter ça, mais assez pour ne plus choisir entre le marché et la misère.
