Les autonoèmes espagnols, une génération de retraités démunis

En Espagne, la plupart des autonoèmes cotisaient décennies durant pour la base minimale. Jusqu'à la réforme du système en 2023, qui a été mise en place par le gouvernement, cette option était presque automatique pour tous, car elle permettait de réduire la cotisation mensuelle et d'obtenir de la liquidité à court terme dans des activités à revenus irréguliers.

Une différence structurelle avec les salariés

Seulement 13,6% des autonoèmes cotisaient en 2023 selon leur revenu réel. Mais pour la grande majorité, qui a choisi la base minimale, cela signifie maintenant des conséquences directes à la retraite. Et la breche avec les salariés continuent de grandir.

Selon la Sécurité sociale, 86,6% des autonoèmes cotisaient en 2023 pour la base minimale, et presque 40% maintiennent cette base pendant la majeure partie de leur vie active. Le résultat est écrasant : la pension moyenne des autonoèmes en 2024 a été de près de 40% inférieure à celle des travailleurs salariés.

Le nouveau système de cotisations réelles

Le nouveau système de cotisations réelles

Une différence structurelle avec laquelle le nouveau système de cotisations réelles, déployé par la Sécurité sociale jusqu'en 2032, vise à mettre fin. Au lieu de choisir la base régulatrice, ce modèle ajuste la cotisation en fonction de ce que gagne réellement l'autonoème. Mais la réforme ne change pas le passé, et ceux qui ont cotisé des décennies pour le minimum ont peu de chances de modifier une pension déjà déterminée.

La base minimale pour les autonoèmes

Même si la quantité finale de la pension de retraite dépend de nombreux facteurs (années cotisées, changements normatifs, lacunes, âge effectif de la retraite ou coefficients de réduction), la réalité est claire : ceux qui ont cotisé pour la base minimale reçoivent une pension très proche des minima contributifs, et dans de nombreux cas, ils ont besoin d'un complément pour atteindre le seuil légal.

Calculer la pension

Calculer la pension

Une approximation basée sur le système actuel montre que pour un autonoème qui a cotisé 15 ans et qui se retire en 2026, il a droit, en général, à la moitié de sa base régulatrice. Si l'on prend comme référence la base minimale de cotisation du premier tronçon en 2026 (approximativement 653,59 euros pour des revenus bas), la pension résulterait de l'ordre de 326,80 euros par mois. Cependant, la majorité de ces pensionnés accèdent à un complément pour atteindre les montants légales.

Cuots des pensions minimales en 2026

En 2026, les prestations minimales de retraite pour les autonoèmes de plus de 65 ans sont fixées à :

- 1.256,6 euros mensuels en 14 paiements (17.592,4 euros annuels) si l'on a un conjoint à charge.

- 936,2 euros mensuels en 14 paiements (13.106,8 euros annuels) si l'on est unité économique unipersonnelle.

- 888,7 euros mensuels en 14 paiements (12.441,8 euros annuels) si l'on n'a pas de conjoint à charge.

Conditions pour accéder à la pension

Conditions pour accéder à la pension

Pour accéder à la pension contributive, il est impératif de remplir plusieurs conditions :

- Période de carence : Il faut avoir cotisé au moins 15 ans. De plus, au moins 2 de ces années doivent être comprises dans les 15 dernières années précédant le moment de la retraite.

- Âge ordinaire : En 2026, l'âge ordinaire de la retraite est de 66 ans et 10 mois (si l'on a moins de 38 ans et 3 mois de cotisations).

- Complément à minimas : Si la pension calculée ne parvient pas au minimum légal, il est possible de solliciter ce supplément, tant que les revenus annuels du pensionné (hors pension) ne dépassent pas 9.442 euros (sans conjoint à charge) ou 11.013 euros (avec conjoint à charge).