Philips dégaine titan os pour éradiquer google tv du salon européen

TP Vision vient de sabrer la bride de Google : toutes les Philips intégreront Titan OS, un Linux maison qui piétine les 59 % de parts de marché cumulées d’Amazon, Google et Samsung dans les téléviseurs connectés de l’UE. Le message est limpide : fini l’OS imposé, place à la maîtrise totale du logiciel, de la mémoire et des données.

Le coup de grâce porté à google cast

Concrètement, le fabricant hollandais retire Android TV de ses gammes OLED 8 et 9, jusque-là vendues sous la bannière Google TV. Les écrans d’entrée de gamme, eux, abandonnent SAPHI, la surcouche propriétaire jugée trop légère. À la place, un seul système : Titan OS, calibré pour tenir en 512 Mo de RAM et 4 Go de stockage, soit deux fois moins que l’appétit d’Android TV. Résultat : pas besoin de télécharger quoi que ce soit pour lancer Netflix ou DAZN ; les applis s’exécutent directement depuis le cloud, réduisant la facture de composants au moment où le prix des puces DRAM flambe.

La rupture est aussi esthétique. L’interface reprend la grille fluide de Vega OS d’Amazon, mais sans le sponsoring algorithmique. L’utilisateur peut épingler, masquer ou déplacer les services comme sur un téléphone, et même fusionner les « Continuer à regarder » de Netflix, Prime Video et Plex en une seule rangée. Une section « Sport » agrège en direct les matchs de DAZN, les résumés YouTube et les alertes de paris, sans que Google n’ait la main sur les métadonnées.

Dix ans de patchs, mais pas de gaming

Dix ans de patchs, mais pas de gaming

TP Vision promet dix années de correctifs de sécurité, un engagement inédit chez les constructeurs européens. En revanche, les mises à jour fonctionnelles suivront un rythme trimestriel, sans garantie au-delà de cinq ans. Mauvaise nouvelle pour les joueurs : Steam Link, Xbox Cloud et GeForce Now ne figurent pas sur la feuille de route 2024-2025. Titan OS cible le cœur de marché, pas les nicheux de 120 Hz.

Le calendrier est déjà ficelé. Les premiers modèles 55OLED909 et 65OLED909 arrivent en rayon dès octobre, suivis des séries 7 et 6 début 2025. Panasonic, déjà asphyxié par les pénuries de lecteurs Blu-ray, observera la manoeuvre depuis la touche. Quant aux fuyants de la TDT espagnole, ils ne concernent pas Philips : les chaînes FAST de Tubi et Plex seront intégrées gratuitement, sans tuner dépendant d’un cessez-le-feu réglementaire.

Le pari est risqué : Samsung et LG gardent 70 % des ventes européennes. Mais la facture moyenne d’un OLED vient de franchir les 1 800 €. En supprimant la redevance Google et en réduisant la mémoire, Philips peut abattre ses prix de 8 à 12 %. Pour les distributeurs, c’est une auberge espagnole : marge intacte, TV moins chère, différence crédible. Reste à voir si le consommateur, habitué à la voix de Google Assistant, acceptera de commander son match de Ligue des Champions via Alexa. La réponse tombera dès les soldes d’hiver. Et si Titan OS décroche 10 % de part de marché en 2026, TP Vision prévoit déjà une licence aux tiers, transformant l’OS en arme contre Android TV… et contre ses propres fournisseurs d’hier.