Movistar plus+ dégaine l'arme du gratuit : 3,8 millions d'abonnés et une ott qui fait trembler digi
Le 26 mars, Movistar Plus+ bascule dans une ère où le football coûte zéro euro. L'opérateur espagnol dégaine un « Plan Gratuito » qui donne accès à des émissions cultes comme El día después, Ilustres Ignorantes et La Resistencia, sans carte bancaire, sans engagement. Le coup est chirurgical : Digi, leader des prix bas, voit soudain son avantage s'évaporer.
278 000 Nouveaux clients en 2025 : la recette du foot plus le gratuit
Derrière la prouesse, une arithmétique implacable. Movistar a signé 278 000 abonnés supplémentaires depuis janvier, portant son parc à 3,8 millions, un record absolu. Le payant à 9,99 € reste le socle : tout le foot de LaLiga, les séries originales, le cinéma. Le gratuit, lui, sert d'entonnoir : un épisode de Querer, Rapa, La mesías ou Alaska Revelada, puis la tentation de débloquer le reste.
Daniel Domenjó, CEO de la plate-forme, résume la stratégie d'un mot : « ouverture ». Mot codé pour dire que la guerre du streaming espagnol ne se gagne plus par les droits exclusifs, mais par la taille de l'éventail. DAZN l'a compris en premier ; Movistar double la mise en ajoutant du live : pré-matchs Champions, post-matchs Europa League, talk-shows golf ou basket.

Comment activer le plan gratuito sans se faire piéger
Rien de plus simple : email, mot de passe, télécharger l'appli. Pas de CB, pas de piège. Le piège, c'est ailleurs : le premier épisode gratuite termine souvent sur un cliffhanger. Un clic, et la carte bleue devient le seul moyen de savoir si la protagoniste de Luz en la oscuridad survit. Movistar connaît son taux de conversion, mais ne le divulgue pas. Inutile, la cote de El consultorio de Berto parle pour lui.
Le gagnant collatéral : la publicité. Les pré-roll et bannières s'invitent dans le gratuit, créant un second flux de revenus sans abonnement. Les annonceurs paient plus cher que sur YouTube car Movistar connaît le profil sportif de l'utilisateur. Résultat : même les « free riders » deviennent des données vendables.

Digi et les autres : la bataille des marges est relancée
Digi gagne encore des clients sur le mobile, mais perd l'argument prix sur la TV. Sa bouquet foot coûte 15 €, sans séries originales. Orange et Vodafone, elles, misent sur la convergence fixe-mobile. Movistar, lui, sépare les deux marchés : fibre ailleurs, contenu ici. Le gratuit sert de vitrine à la fibre comme à la 5G.
Reste la question de la durée. Combien de temps le gratuit restera gratuit ? L'an passé, DAZN a resserré l'étau après six mois. Movistar promet « pas de date butoir », mais le passé des plate-formes espagnoles laisse penser qu'un mur payant apparaîtra dès que l'objectif de 5 millions d'abonnés sera atteint. Ce qui, à ce rythme, tombe en septembre.
Le pari est gagnant d'ores et déjà : l'Espagne devient le laboratoire où le football sert de levier gratuit, et où la publicité finance la première mi-temps. Le reste, chacun sait qu'il se paie. Movistar l'a compris : le zero euro est le nouveau 9,99 €.
