T-mobile resserre les robinets des forfaits gratuits et fait craindre un exode
Les lignes offertes ne riment plus avec smartphones gratuits chez T-Mobile. Dès juin, la majorité des forfaits « free line » sont rayés des promotions de remise sur terminal, révèlent des documents internes filtrés sur Reddit. Une révolution tarifaire qui prive jusqu’à 30 % des abonnés familiaux de leur principal levier de renouvellement de matériel.
Le timing est brutal. Depuis 2016, T-Mobile a distribué plus de 100 millions d’appareils quasi-gratuits via son « Forever Upgrade » et autres offres BOGO. Résultat : un parc de 118 millions de lignes dont 22 % ne paient que taxes et redevances. Faute de nouveaux abonnés à conquérir, le « Un-carrier » pivote vers la rentabilité. Les comptables appuient : chaque ligne gratuite coûte 4,30 $ de marge brute mensuelle.

Le doigt dans l’engrenage du byod
La parade existe encore, mais elle tient du tour de passe-passe. Les familles peuvent financer un iPhone 15 sur une ligne payante, puis glisser la carte SIM dans une ligne gratuite. T-Mobile tolère le scénario… pour l’instant. Les analystes de Wave7 estiment que ce « contournement » disparaîtra d’ici la rentrée, quand l’opérateur fusionnera ses systèmes de billing BAN et RAN.
Derrière la rigueur, une stratégie claire : pousser les petits comptes vers le plan « Better Value » trois lignes minimum, sans ligne offerte, ni rabais senior, ni military. Le prix ? 120 $ pour trois lignes au lieu de 90 $ avec les anciennes promotions. Le gain pour T-Mobile : +33 % d’ARPU, sans investir un dollar en 5G supplémentaire.
Les churn rates vont parler. Le dernier trimestre affichait 0,88 % de désabonnement mensuel, record de l’industrie. Mais la maison mère Deutsche Telekom a déjà prévenu : elle ne publiera plus de « net adds » à partir de 2025. Un aveu implicite : la fuite de clients low-cost est inscrite dans les prévisions.
Conclusion cash : T-Mobile a fini de payer pour grossir. Les années de fête gratuite laissent place à une facture salée, et les abonnés vont découvrir que le « premium » a un prix, souvent 35 $ plus cher par mois. Qui paiera ? Ceux qui croyaient au repas gratuit. Ils n’auront même pas droit aux miettes.
